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Peut-être que ce terme vous est encore inconnu, mais il est au cœur de notre bien-être émotionnel et physique. La théorie polyvagale, développée par le Dr Stephen Porges, nous aide à comprendre comment notre système nerveux agit comme une véritable boussole intérieure, capable de détecter si nous sommes en sécurité, en danger ou en menace de mort.
Cette découverte a profondément changé ma compréhension du stress, des émotions et des comportements humains.

1. Le système nerveux autonome : le gardien silencieux de notre survie

Nous croyons souvent que tout se passe dans notre tête. Que nos émotions, nos décisions ou nos réactions dépendent avant tout de notre mental.
Or, la réalité est toute autre : c’est notre corps qui perçoit les choses avant notre esprit.

Une demi-seconde avant que notre cerveau ne traite une information, notre corps a déjà capté les signaux de l’environnement.
Et plus surprenant encore : 80 % des informations circulent du corps vers le cerveau, principalement via le nerf vague, cette autoroute qui relie nos organes internes (cœur, poumons, intestins) à notre cerveau.

Autrement dit, notre corps parle à notre cerveau bien plus que l’inverse.
Lorsque notre système est équilibré, le message transmis au cerveau est clair, stable, rassurant.
Mais si notre système nerveux est déréglé, notre cerveau reçoit des signaux confus, alarmants, voire menaçants. Résultat : nous nous sentons stressés, irritables, fatigués, sans même savoir pourquoi.

2. Le rôle fondamental du système nerveux autonome (SNA)

Le SNA est notre système de protection automatique. Il gère toutes nos fonctions involontaires : respiration, digestion, rythme cardiaque, pression artérielle…
Mais surtout, il agit comme un radar de sécurité.
Depuis notre naissance, il scrute en permanence notre environnement pour répondre à une seule question : “Suis-je en sécurité ou en danger ?”

Dès nos premiers jours, notre système nerveux apprend ce qui est nécessaire à notre survie.
Un bébé pleure pour être nourri, bercé, consolé : il déclenche ainsi une réponse physiologique de protection.
Puis, au fil de nos expériences, le système apprend à nous protéger non seulement de la mort, mais aussi de la souffrance émotionnelle.

Ainsi, notre corps a développé différents mécanismes de défense (souvent inconscients) pour éviter de revivre des blessures ou des situations perçues comme menaçantes.

3. Les trois états du système nerveux selon la théorie polyvagale

1. L’état de sécurité et de connexion – le nerf vague ventral

Quand tout va bien, le corps perçoit la sécurité.
Notre cœur bat calmement, notre respiration est fluide, notre voix posée.
Nous sommes ouverts, disponibles, capables de communiquer et de créer du lien.
C’est l’état dans lequel nous pouvons aimer, apprendre, travailler efficacement.

C’est aussi l’état que nous cherchons à renforcer dans les approches de régulation du stress.

2. L’état de mobilisation – le système sympathique

Lorsque notre système détecte un danger potentiel, il active la réponse de fuite ou de combat.
Le cœur s’accélère, les muscles se tendent, la respiration devient courte.
C’est le stress “utile”, celui qui nous permet d’agir, de nous défendre, de réagir vite.
Mais si cet état se prolonge sans retour à la sécurité, il devient épuisant : insomnie, anxiété, hypervigilance, irritabilité…

3. L’état d’immobilisation – le nerf vague dorsal

Quand le danger semble insurmontable ou que l’action devient impossible, le corps se fige.
C’est un mécanisme ancestral de survie : se rendre invisible pour échapper à la menace.
Mais dans notre vie moderne, cet état peut se traduire par de la fatigue chronique, du découragement, de la déconnexion émotionnelle, voire de la dépression.

4. De la survie à la protection émotionnelle

Notre système nerveux autonome ne cherche pas à nous nuire : il tente de nous protéger, coûte que coûte. Mais parfois, il le fait de manière inadaptée.

Exemple : Un jour, nous avons vécu une situation perçue comme dangereuse (une humiliation, une perte, une critique, un rejet).
Le système nerveux a enregistré ce souvenir corporel comme un signal d’alerte : “attention, ne revivons jamais ça”.
Et pour nous protéger, il a développé des comportements de survie, souvent inconscients :

  • La timidité pour éviter les jugements,
  • La procrastination pour repousser l’échec,
  • L’autosabotage pour prévenir la déception,
  • Le contrôle ou le perfectionnisme pour éviter le rejet,
  • Le travail acharné pour mériter l’amour ou la reconnaissance.

Ces comportements ne sont donc pas des “traits de caractère”, mais des stratégies nerveuses de protection.
Autrement dit : ce n’est pas votre volonté qui bloque, c’est votre système nerveux qui veille sur vous.

5. Quand la physiologie conditionne la psychologie

Nous pensons souvent qu’en travaillant sur nos pensées, nous pourrons changer nos comportements. J’ai longtemps accompagné mes clients avec la thérapie cognitivo – comportementale dans ce sens.
Mais la théorie polyvagale nous montre que le mouvement inverse est souvent plus efficace.

« Ce n’est pas la psychologie qui guide notre physiologie, mais bien notre physiologie qui influence notre psychologie. »

Un système nerveux apaisé nous rend naturellement plus ouverts, confiants, curieux.
À l’inverse, un système en hypervigilance ou en figement nous pousse à éviter, à nous isoler, à nous protéger.
Travailler sur le corps (respiration, mouvement, voix, ancrage, alimentation, sommeil) permet donc de restaurer la sécurité intérieure et, d’apaiser nos émotions et nos pensées.

C’est ce que j’explore dans mes programmes et conférences : comment réguler le stress et retrouver la légèreté grâce à la théorie polyvagale et à des outils concrets de santé globale.

6. Comment réguler son système nerveux au quotidien

La bonne nouvelle, c’est que la théorie polyvagale ne se limite pas à la compréhension : elle offre des clés pratiques.
Voici quelques pistes pour ramener votre corps vers un état de sécurité :

  • Respirer profondément : cela stimule le nerf vague ventral.
  • Bouger doucement : la marche, le yoga, la danse ou l’étirement aident à sortir du figement.
  • Créer du lien : un regard bienveillant, une conversation douce, un sourire sincère réactivent le sentiment de sécurité.
  • Mettre son corps en sécurité : chaleur, couverture, musique apaisante, lumière douce.
  • Manger en conscience : l’alimentation dissociée soutient un système nerveux stable.
  • Se reposer : le sommeil est un régulateur essentiel du système nerveux.

Chaque petit geste de bienveillance envers votre corps est un signal fort envoyé à votre cerveau : “Je suis en sécurité.”

7. Vers une nouvelle vision de soi

Comprendre la théorie polyvagale, c’est changer radicalement la manière dont on se perçoit.
Au lieu de se juger (“je suis trop stressé”, “je manque de volonté”), on apprend à écouter son système nerveux.
On passe de la culpabilité à la compréhension, du contrôle à la régulation, de la survie à la sécurité.

C’est une approche à la fois scientifique et profondément humaine, qui relie le corps, le cœur et l’esprit.

Et si, au lieu de lutter contre vous-même, vous appreniez à dialoguer avec votre système nerveux ?
C’est tout le pouvoir de la théorie polyvagale : vous redonner les clés de votre régulation intérieure.

Conclusion

La théorie polyvagale n’est pas une mode ni un concept abstrait : c’est une grille de lecture puissante pour comprendre pourquoi nous réagissons comme nous le faisons, et comment retrouver équilibre, sécurité et légèreté.

Notre corps sait. Il nous parle. Encore faut-il apprendre à l’écouter.

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Dites-moi comment la théorie polyvagale résonne pour vous, ou ce que vous aimeriez approfondir dans un prochain article. Votre partage inspirera d’autres lecteurs à cheminer vers plus de sécurité intérieure.

Conseil Lecture : « Nerf Vague » de Ludovic Leroux

Je vous recommande chaleureusement le livre Nerf Vague de Ludovic Leroux, mon formateur lors de ma certification Pleine Confiance.
En quelques pages claires et accessibles, Ludovic explique comment fonctionne le nerf vague, pourquoi il influence nos émotions et nos réactions, et comment nous pouvons renforcer notre sécurité intérieure grâce à des exercices simples.

J’aime particulièrement sa pédagogie bienveillante, ses exemples du quotidien, et sa manière d’aider chacun à comprendre que nos réactions ne sont pas des défauts, mais des mécanismes de protection.

Découvrir le livre en cliquant sur l’image ci-dessous :

(toutes les photos sont de Canva.com)

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4 commentaires

  1. Merci pour ce bel article Chantal ! Le sujet était très intéressant et j’ai pu apprendre des choses 😀 Et OUI, notre corps sait vraiment mieux que notre mental ce qui est bon pour nous. Il est donc très important de l’écouter 😉

  2. Waouh, quel article ! J’ai aimé à quel point tu rends cette théorie exigeante ultra‑accessible : le corps parle, le système nerveux réagit, on n’est pas juste “dans sa tête”. Tu paarviens à mettre beaucoup de douceur dans l’idée de “ce n’est pas que ma faute si je réagis comme ça”. Merci pour cette plongée éclairante dans nos racines corporelles, et pour donner des clés pour revenir à un état de calme, de connexion… et de vie.

  3. Merci Chantal pour cet article de vulgarisation très pédagogique et explicite.
    Quand je constate que les 5 pistes que du cites au paragraphe 4, sont exactement toutes mes armes de « défenses » permanentes et inconscientes, je comprends mieux mon sentiment presque continu d’insécurité.
    Merci donc pour cet éclairage, qui permet aussi de déculpabiliser et de mieux se comprendre, pour mieux se respecter et progresser. 🙏🏼
    hâte de lire la suite sur ce sujet, ainsi que ce que tu proposes en alimentation.

    Bien à toi
    Gaëlle 🐥🌿

    1. Merci Gaëlle pour ta lecture attentive
      Ce qui est important de comprendre et de conscientiser, c’est que ces pistes utilisées ne te définissent pas et sont bien des réactions de ton système nerveux pour te protéger.
      Tu es donc tout a fait normal (;-) avec un système nerveux qui joue son rôle
      Bien à toi
      Chantal

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